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Eaux de baignade

C’est le thème d’une thèse récente présentée par Marion Peirache dont les travaux ont été conduits au Centre de recherche de l’Institut océanographique Paul Ricard et au laboratoire Protée de l’Université du Sud Toulon-Var.

Nomination de Marion Peirache au grade de Docteur en science de l'environnement par les membres du jury (de g. à dr. : l'impétrante Marion Peirache, Pr Philippe Le Baron – Université Paris VI, Dr Marc Trousselier - Université de Montpellier, Dr Yvan Martin et Pr Nardo Vicente – Institut océanographique Paul Ricard)
Nomination de Marion Peirache au grade de Docteur en science de l’environnement par les membres du jury (de g. à dr. : l’impétrante Marion Peirache, Pr Philippe Le Baron – Université Paris VI, Dr Marc Trousselier - Université de Montpellier, Dr Yvan Martin et Pr Nardo Vicente – Institut océanographique Paul Ricard)

La qualité des eaux de baignade
Vers une analyse des entérocoques intestinaux

La qualité des eaux de baignade, sujet important à l’approche de l’été, est une préoccupation non seulement pour les usagers mais aussi pour les gestionnaires du liseré côtier.
Pour estimer cette qualité, on se réfère à la directive 76/160/CEE du 8 décembre 1975 concernant les eaux de baignade et à son prolongement plus récent de la nouvelle directive européenne 2006/7/CE. Cette dernière s’intègre dans la Directive Cadre Eau de 2000 : « la Commission Européenne a fixé comme nouvel objectif d’atteindre en 2015 le niveau de qualité au moins « suffisante » pour toutes les eaux de baignade, littorales et intérieures ».
(http://baignades.sante.gouv.fr/editorial/fr/accueil.html).
Afin d’évaluer leur qualité, plusieurs points de prélèvement sont réalisés sur les eaux de baignade pour être soumis à un contrôle essentiellement microbiologique. Les analyses des échantillons collectés concernent la présence de deux catégories de microbes : les coliformes fécaux et les streptocoques.
Ces microorganismes sont normalement présents dans la nature mais leur concentration excessive dans l’eau peut représenter un danger pour la santé, à tel point que le dépassement de la limite autorisée par la loi détermine l’interdiction de baignade sur la plage concernée. En cas de pollution bactériologique, les conséquences peuvent se manifester par des affections diverses, les plus fréquentes étant des pathologies gastro-intestinales.
Ainsi, la qualité des eaux et le risque associé sont définis selon des normes basées sur l’abondance de ces deux bactéries d’origine fécale.
Les nouvelles dispositions prévoient des normes plus strictes pour Escherichia coli et un intérêt accru pour les entérocoques jusque-là moins considérés. Les méthodes standardisées pour la détection qualitative et quantitative de ces deux indicateurs, sont basées sur une étape de culture des bactéries nécessitant 24 à 48 heures d’incubation. Les résultats sont donc obtenus au mieux le lendemain du prélèvement. Dans ces conditions, l’aspect préventif fait cruellement défaut.

De nouveaux outils
de gestion du risque

Pour gérer le risque il devient nécessaire d’avoir de nouveaux outils. C’est pourquoi certaines techniques se sont développées, visant à obtenir les résultats dans la journée. Ainsi, une méthode enzymatique basée sur la détection de l’activité de la ß-glucuronidase, permet la détection et la quantification spécifique d’Escherichia coli en une heure.
Le sujet de la thèse propose d’adapter cette méthodologie au deuxième indicateur, les entérocoques intestinaux, à travers l’étude de leur activité ß-glucosidase spécifique.
L’impétrante Marion Peirache a présenté ses travaux de recherche devant un jury composé de membres de l’université et de spécialistes, avec Stéphane Mounier (laboratoire Protée, Toulon), directeur de thèse, Yvan Martin, co-directeur, Nardo Vicente, Président, Gabriella Caruso (Institut de l’environnement marin de Messine) et Philippe Lebaron (directeur du laboratoire Arago, Banyuls), rapporteurs, Marc Troussellier (directeur de recherche au CNRS) et Peggy Bergeron (Lyonnaise des Eaux-Suez), invitée.
La présentation du sujet et des résultats était très pédagogique, et l’impressionnant travail d’analyses réalisé fut souligné par le directeur de thèse.
À l’issue de cette soutenance et après délibération, les membres du jury lui ont attribué le grade de Docteur en science de l’environnement avec la mention très honorable.