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Hippocampe

Baguage souple et inofensif pour identification d'un géniteur. (Ph. P. Lelong)
Baguage souple et inofensif pour identification d’un géniteur. (Ph. P. Lelong)
Mesure de la taille des hippocampes par le responsable de l'écloserie. (Ph. P. Lelong)
Mesure de la taille des hippocampes par le responsable de l’écloserie. (Ph. P. Lelong)
Rotifères, base alimentaire des premiers jours du jeune hippocampe. (Ph. T. Miard)
Rotifères, base alimentaire des premiers jours du jeune hippocampe. (Ph. T. Miard)

CONTEXTE, OBJET DU PROGRAMME
L’hippocampe se raréfie en Méditerranée, menacé par la pollution et la destruction de ses habitats naturels. Très vulnérables, les populations sont parfois menacées d’extinction. Dans le bassin méditerranéen et en Atlantique, on rencontre principalement deux espèces d’hippocampe : à nez court, Hippocampus hippocampus, et moucheté, Hippocampus guttulatus.

L’ambition des chercheurs de l’Institut océanographique Paul Ricard est de développer un programme qui vise à mieux connaître et à préserver les espèces méditerranéennes d’hippocampe. Les travaux comporteraient plusieurs volets :
- acquérir des connaissances sur ce poisson encore méconnu, sa biologie, son écologie, assurer le suivi de populations naturelles, évaluer leur vulnérabilité dans le milieu naturel ;
- maîtriser l’élevage en captivité dans l’écloserie expérimentale du Centre de recherche, aux Embiez (Var) ;
- réfléchir sur la réintroduction et le suivi de ces poissons dans des zones propices et préalablement inventoriées ;
- transférer les techniques d’élevage dans les pays où les hippocampes sont menacés d’extinction, l’objectif étant d’offrir des alternatives à la capture intentionnelle de ces poissons dans leur environnement.

Une alternative possible : l’élevage extensif

Les premiers essais conduits dans l’écloserie expérimentale de l’Institut océanographique permettent d’envisager la mise au point d’un protocole d’élevage extensif de l’hippocampe.

Le principe est d’enrichir le milieu naturel afin de produire en quantité des microalgues qui seront consommées par du zooplancton. Composé de rotifères et de copépodes dans un premier temps, puis d’Artemia salina, ces proies vivantes nourriront immédiatement les hippocampes placés dans ce milieu.

La première production expérimentale d’hippocampes, Hippocampus guttulatus, dans l’écloserie de l’Institut océanographique Paul Ricard s’est soldée par un résultat satisfaisant : 224 hippocampes sur les 288 nouveau-nés ont survécu, soit un taux de survie de 78 %.

Plusieurs dizaines d’hippocampes issus de l’élevage ont été confiés gracieusement à plusieurs aquariums publics français et étrangers. Cette opération montre qu’il est possible d’alimenter les aquariums en animaux vivants, d’autant plus qu’ils sont rares et menacés. La filière aquacole permettrait d’atténuer les captures en milieu naturel et ainsi préserver la biodiversité.

BIBLIOGRAPHIE
Poisson apparenté à l’hippocampe
Landy SoambolaO A., A. Riva, N. Vicente, 2006
Contribution à l’élevage des Syngnathes. In : Bassins et élevages aquatiques d’ornement. 21-22 mai 2006, Nice, France. Mém. Inst. océanogr. Paul Ricard, pp : 47-54.
Sommaire | Mémoire (4,5 Mo)


Protection de l’hippocampe

Les deux espèces d’hippocampes identifiées en Méditerranée sont inscrites sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) au titre espèces menacées. Elles sont également inscrites à l’annexe II de la Convention de Washington relative au Commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) (*). Enfin, elles apparaissent à l’annexe II (espèces en danger ou menacées) du Protocole relatif aux aires spécialement protégées et à la diversité biologique en Méditerranée, dite Convention de Barcelone, ainsi qu’à l’Annexe II (espèces de faune strictement protégées) de la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe, dite Convention de Berne.

A ce jour, en France, les applications législatives ne sont pas effectives pour donner aux hippocampes un statut réel d’espèce protégée.

(*) www.cites.org