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Mission grandes nacres

En juin, le Pr Nardo Vicente et Rémy Simide, respectivement responsable scientifique et biologiste de l’Institut océanographique Paul Ricard effectuaient, en Corse, un suivi de la population des grandes nacres dans la Réserve Naturelle de Scandola, là où se trouve la plus grande concentration de Pinna nobilis en France !

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La dune hydraulique sur laquelle 23 nacres ont été observées. Ph. R. Simide

Le programme d’inventaire et de suivi des grandes nacres, mené chaque année sur plusieurs sites protégés en Méditerranée (archipel des Embiez, Parc national de Port-Cros, Parc marin de la Côte bleue…), entraînait la semaine dernière nos chercheurs dans les eaux corses.
Créée en 1975, la Réserve naturelle de Scandola compte 1000 hectares terrestres et 600 hectares de fonds marins dont 70 en réserve intégrale. Un peu plus d’une décennie après Port-Cros, elle a été l’un des premiers espaces protégés à la fois terrestres et sous-marins d’Europe.
Depuis le début des années 80, des études sur les populations de grandes nacres (Pinna nobilis L. 1758) sont réalisées et montrent une densité bien supérieure à la moyenne. Elle atteint plus de 20 individus pour cent mètres carrés, contre seulement 5 à 8 à Port-Cros, par exemple.

Une deuxième espèce, Pinna rudis, apparaît

Aujourd’hui, une deuxième espèce, Pinna rudis , L. 1758, d’origine africaine, semble s’implanter dans les petits fonds de la réserve. Une apparition que l’on peut sans doute attribuer au réchauffement des eaux et aux modifications climatiques globales. Elle est ponctuellement mais régulièrement observée depuis le début des années 2000.
Accueillis par Jean-Marie Dominici, responsable de la réserve, et ses agents, accompagnés bénévolement sur cette mission par Jean-Michel Cottalorda, de l’université de Nice Sophia-Antipolis, Nardo Vicente et Rémy Simide ont pu observer les principaux lieux où se développent les populations de Pinna nobilis, notamment une dune hydraulique qui recèle 23 nacres dont l’âge est estimé à plus de 30 ans. Deux exemplaires de Pinna rudis ont été observés, l’un dans un herbier superficiel, l’autre implanté dans la roche à l’entrée d’une grotte coralligène.

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Une Pinna rudis, spécimen encore rare suivi de longue date par le Pr Nardo Vicente. Ph. R. Simide
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Lors d’un transect déployé par Jean Michel Cottalorda, Nardo Vicente tombe nez à nez avec une raie pastenague épineuse, dans la passe de Gargallu. Ph. R. Simide