{"id":2315,"date":"2018-11-05T09:38:26","date_gmt":"2018-11-05T09:38:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/?p=2315"},"modified":"2019-01-31T09:16:53","modified_gmt":"2019-01-31T09:16:53","slug":"que-faire-pour-sauver-la-grande-nacre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/?p=2315","title":{"rendered":"Que faire pour sauver la grande nacre ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Il y a un an \u00e0 peine, la r\u00e9serve marine de Scandola abritait une population exceptionnelle de Pinna nobilis. La semaine derni\u00e8re, le Pr Nardo Vicente n\u2019a pu que constater la mort de toutes les nacres. Il fait un point sur la situation.<\/strong><\/p>\n<p>La situation est alarmante.<\/p>\n<p>Nous rentrons d\u2019une mission scientifique \u00e0 la r\u00e9serve naturelle de Scandola en Corse qui rec\u00e9lait, il y a seulement un an, une des plus fortes densit\u00e9s de ce magnifique coquillage bivalve, en M\u00e9diterran\u00e9e occidentale.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui tout est mort ! Une population que nous suivions depuis les ann\u00e9es 1980 !<br \/>\nPartout les fonds sont jonch\u00e9s de nacres mortes.<br \/>\nEt la parasitose arrive sur les c\u00f4tes proven\u00e7ales.<br \/>\nAu mois de septembre les agents du Parc national des calanques on trouv\u00e9 une nacre moribonde dans l\u2019Anse du Mugel \u00e0 La Ciotat. L\u2019analyse s\u2019est av\u00e9r\u00e9e positive \u00e0 l\u2019Haplosporidium. D\u2019autres individus malades ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s en divers point du littoral proven\u00e7al.<br \/>\nA Scandola, en plein mois d\u2019octobre la temp\u00e9rature de l\u2019eau \u00e9tait encore de 22\u00b0C \u00e0 40 m de profondeur. Il en est de m\u00eame sur l\u2019ensemble des c\u00f4tes proven\u00e7ales.\u2028 Il est \u00e0 craindre que l\u2019\u00e9pizootie touche progressivement toutes les c\u00f4tes m\u00e9diterran\u00e9ennes puisque des individus parasit\u00e9s sont signal\u00e9s en divers points \u00e0 Monaco, en Italie, \u00e0 Malte, en Tunisie et en Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p><strong>LES EAUX TROP CHAUDES FAVORISENT L\u2019ACTIVITE DU PARASITE<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019activit\u00e9 du parasite responsable de la mort des coquillages est en effet exacerb\u00e9e lorsque la temp\u00e9rature s\u2019\u00e9l\u00e8ve. Or les eaux de la M\u00e9diterran\u00e9e se maintiennent \u00e0 de hautes temp\u00e9ratures depuis le d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9. De la sorte on peut penser que le changement climatique global est en grande partie responsable de l\u2019apparition de cette \u00e9pid\u00e9mie qui affecte le plus grand bivalve de M\u00e9diterran\u00e9e. Et \u2028il est probable que l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du processus de r\u00e9chauffement des eaux de la M\u00e9diterran\u00e9e affectera dans un avenir proche d\u2019autres esp\u00e8ces. Des signaux se manifestent d\u2019ailleurs dans ce sens depuis de nombreuses ann\u00e9es : les op\u00e9rations de captage larvaire que nous r\u00e9alisons depuis les ann\u00e9es 1990 dans les Aires marines prot\u00e9g\u00e9es (Port-Cros, Scandola, Parc marin de la C\u00f4te Bleue) et autour de l\u2019Archipel des Embiez, ont permis d\u2019\u00e9tudier la biodiversit\u00e9 marine de ces divers sites.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ces captages, avec les jeunes nacres, de nombreuses autres esp\u00e8ces de divers groupes zoologiques (mollusques, crustac\u00e9s, \u00e9chinodermes, ascidies, poissons) se retrouvent dans les collecteurs larvaires. Et de 1996 \u00e0 2013 nous avons pu observer une \u00e9rosion de la biodiversit\u00e9 des esp\u00e8ces de mollusques capt\u00e9es de 30%, et 70% de petites esp\u00e8ces d\u2019invert\u00e9br\u00e9s ont disparu.\u2028Le ph\u00e9nom\u00e8ne ira en s\u2019acc\u00e9l\u00e9rant dans les ann\u00e9es \u00e0 venir si rien n\u2019est fait pour ralentir le r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Depuis l\u2019hiver dernier, de nombreux laboratoires du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en exercent une veille constante sur les populations, et plusieurs centaines d\u2019individus en bonne sant\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9s et mis \u00e0 l\u2019abri, notamment en Espagne. La survie de l\u2019esp\u00e8ce en d\u00e9pendra peut-\u00eatre.<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoutent des accidents maritimes comme celui que l\u2019on vient de conna\u00eetre au cap Corse, dont les cons\u00e9quences pour le milieu vivant sont catastrophiques, de m\u00eame que pour l\u2019\u00e9conomie. A cause de navigateurs incomp\u00e9tents on en revient aux ann\u00e9es 70 avec les accidents de tankers devenus tristement c\u00e9l\u00e8bres.<br \/>\nEt cependant, la pollution par hydrocarbures, c\u2019est l\u2019arbre qui cache la for\u00eat&#8230;<\/p>\n<p>Nardo VICENTE<\/p>\n<p>Participaient \u00e0 la mission : Sylvain Couvray, R\u00e9my Simide, Aur\u00e9lie Vion et Nardo Vicente.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a un an \u00e0 peine, la r\u00e9serve marine de Scandola abritait une population exceptionnelle de Pinna nobilis. La semaine derni\u00e8re, le Pr Nardo Vicente n\u2019a pu que constater la mort de toutes les nacres. 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