{"id":6790,"date":"2021-04-05T07:35:44","date_gmt":"2021-04-05T06:35:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/?p=6790"},"modified":"2021-04-05T07:39:17","modified_gmt":"2021-04-05T06:39:17","slug":"eclairage-la-mediterranee-particulierement-vulnerable-face-au-changement-climatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/?p=6790","title":{"rendered":"Eclairage : la M\u00e9diterran\u00e9e particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable face au changement climatique"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Fin 2020, plus de 600 chercheurs r\u00e9unis au sein d\u2019un r\u00e9seau ind\u00e9pendant d&rsquo;experts m\u00e9diterran\u00e9ens sur le changement climatique et environnemental (MedECC) publiaient un rapport consacr\u00e9 aux connaissances scientifiques sur le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en. La r\u00e9gion, d\u00e9j\u00e0 largement impact\u00e9e, va devoir faire face \u00e0 de nombreux d\u00e9fis.<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L&rsquo;augmentation de la temp\u00e9rature dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en a d\u00e9j\u00e0 atteint 1,5 \u00b0C pour une moyenne mondiale de 1,1 \u00b0C, la r\u00e9gion figure aujourd\u2019hui parmi les \u00ab hot-spots \u00bb mondiaux du changement climatique en raison de sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 de nombreux risques cumul\u00e9s. Le but du r\u00e9seau, au-del\u00e0 de la mise en commun de toutes les donn\u00e9es dont on dispose, est de cr\u00e9er une synergie entre tous les domaines de comp\u00e9tence concern\u00e9s, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la r\u00e9gion, pour offrir notamment aux d\u00e9cideurs des informations et des pistes de travail indispensables, compte tenu des difficult\u00e9s qui s\u2019annoncent. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Des populations impact\u00e9es par la mont\u00e9e des eaux<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Plus de 500 millions de personnes peuplent aujourd\u2019hui le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, un chiffre qui continuera \u00e0 augmenter au cours des prochaines d\u00e9cennies. Or une grande partie de la population est install\u00e9e au plus pr\u00e8s des c\u00f4tes, et risque d\u2019\u00eatre rapidement impact\u00e9e par l\u2019\u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer. Sur le dernier si\u00e8cle, il a mont\u00e9 de pr\u00e8s de 20 cm tout comme l\u2019oc\u00e9an global avec une acc\u00e9l\u00e9ration de 6 centim\u00e8tres sur les derniers 20 ans ! L\u00e0 encore, malgr\u00e9 les projections r\u00e9alis\u00e9es, il n\u2019est pas possible d\u2019annoncer avec certitude des chiffres, mais il est facilement imaginable que le ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019acc\u00e9l\u00e8re. De nombreuses villes m\u00e9diterran\u00e9ennes comme Marseille risquent donc d\u2019\u00eatre directement impact\u00e9es. Les milieux ruraux et les cultures, le seront aussi, avec une salinisation des sols, encore plus marqu\u00e9e au niveau des deltas. Les experts estiment ainsi que les risques d\u2019inondations c\u00f4ti\u00e8res, d\u2019ici \u00e0 2100, seront sans doute multipli\u00e9s par 2, avec une \u00e9l\u00e9vation moyenne pouvant d\u00e9passer le m\u00e8tre dans le cas du sc\u00e9nario le plus pessimiste. A cela s\u2019ajoute une \u00e9rosion du littoral, estim\u00e9e quant \u00e0 elle \u00e0 13% sur la m\u00eame p\u00e9riode.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Une probable diminution de la ressource en eau<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Les ressources en eau, du fait de l\u2019augmentation des temp\u00e9ratures, qui s\u2019ajoute \u00e0 une r\u00e9duction globale des pr\u00e9cipitations estivales, vont diminuer. Et m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas possible, \u00e0 ce jour, d\u2019\u00e9valuer de mani\u00e8re pr\u00e9cise dans quelle mesure, le groupe d\u2019experts situe la r\u00e9duction de la ressource entre 10 et 30% d\u2019ici une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Or, il existe d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9s\u00e9quilibre : les trois quarts des ressources en eau sont utilis\u00e9es dans le nord du bassin, alors que les trois quarts de la population vivent dans sa moiti\u00e9 sud ! Il faudra donc trouver des solutions, que ce soit en mati\u00e8re d\u2019irrigation des cultures ou de gestion des eaux us\u00e9es, pour pouvoir satisfaire les besoins de tous. D\u2019autant plus que la productivit\u00e9 des cultures diminue avec l\u2019augmentation des temp\u00e9ratures. Celle du bl\u00e9, par exemple, chuterait de 7,5% par degr\u00e9 de r\u00e9chauffement. Enfin, la multiplication de ce nous appelons les \u00ab\u00a0canicules\u00a0\u00bb, en fr\u00e9quence et en intensit\u00e9, aura un impact humain, sanitaire et social, avec lequel il faudra compter.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Mais des \u00e9pisodes climatiques destructeurs<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La diminution globale des pr\u00e9cipitations sera par ailleurs assortie, m\u00eame si cela peut sembler paradoxal, d\u2019une multiplication des \u00e9pisodes climatiques destructeurs, comme on le note d\u00e9j\u00e0 depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es : des pluies intenses, concentr\u00e9es \u00e0 la fois dans la dur\u00e9e et dans leur localisation, provoquent des inondations sans pr\u00e9c\u00e9dent, avec tout leur cort\u00e8ge de d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels, mais aussi de plus en plus souvent humains. Ces \u00ab\u00a0\u00e9pisodes m\u00e9diterran\u00e9ens\u00a0\u00bb, qui surviennent g\u00e9n\u00e9ralement en automne, sont li\u00e9s aux ph\u00e9nom\u00e8nes orageux quand l\u2019atmosph\u00e8re ext\u00e9rieure se refroidit alors que les eaux de surface, en mer, restent chaudes. Ils devraient, dans l\u2019avenir, se multiplier en nombre et en intensit\u00e9, dans la mesure o\u00f9 la temp\u00e9rature de l\u2019eau ne cesse d\u2019augmenter, et ne redescend plus rapidement en fin d\u2019\u00e9t\u00e9 comme c\u2019\u00e9tait encore le cas il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Une modification de la biodiversit\u00e9<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">La mer M\u00e9diterran\u00e9e, depuis 25 ans, s\u2019est r\u00e9chauff\u00e9e de pr\u00e8s de 1\u00b0C, et cette augmentation des temp\u00e9ratures pourrait atteindre 2,5\u00b0C au cours du si\u00e8cle \u00e0 venir. En offrant des conditions propices \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e d\u2019esp\u00e8ces dites tropicales, elle risque bien \u00e0 terme de modifier notre biodiversit\u00e9. Les \u00e9cosyst\u00e8mes ont toujours subi des influences ext\u00e9rieures, et une modification de la biodiversit\u00e9 ne signifie pas forc\u00e9ment un appauvrissement. Mais le ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019acc\u00e9l\u00e8re et ne laisse pas toujours \u00e0 la nature le temps de s\u2019adapter : lorsqu\u2019une esp\u00e8ce dite invasive s\u2019installe, si elle le fait de mani\u00e8re trop rapide elle va prendre la place d\u2019une esp\u00e8ce locale traditionnelle. C\u2019est ce qui pourrait par exemple se produire avec la saupe, en concurrence directe avec le poisson-lapin, lui aussi herbivore et de plus en plus pr\u00e9sent. Cette trop grande rapidit\u00e9 d\u2019\u00e9volution peut mettre en p\u00e9ril nos \u00e9cosyst\u00e8mes, en les d\u00e9s\u00e9quilibrant. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><b>Une acidification des eaux<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">L\u2019absorption du CO2 atmosph\u00e9rique, comme partout ailleurs, limite le r\u00e9chauffement de l\u2019atmosph\u00e8re, mais perturbe la chimie de l\u2019eau et provoque son acidification. On estime, dans le nord-ouest de la M\u00e9diterran\u00e9e, que cette acidit\u00e9 a augment\u00e9 de 10% depuis 25 ans. Au rythme actuel des \u00e9missions, elle pourrait encore augmenter de 30% d\u2019ici 2050, ce qui mettrait en p\u00e9ril bon nombre d\u2019esp\u00e8ces. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">Au-del\u00e0 des capacit\u00e9s d\u2019adaptation, de r\u00e9silience, de notre bassin m\u00e9diterran\u00e9en, le rapport conclut \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 absolue de restreindre drastiquement les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre dans la r\u00e9gion, seule solution pour \u00e9viter une catastrophe climatique, et de fait, socio-\u00e9conomique.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><a href=\"https:\/\/www.medecc.org\/\">Lien vers le site du MedECC<\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><a href=\"https:\/\/www.medecc.org\/first-mediterranean-assessment-report-mar1\/\">Lien pour t\u00e9l\u00e9charger le rapport<\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">#mediterran\u00e9e #climat #biodiversit\u00e9<\/span> <span class=\"s1\">#medecc<\/span><\/p>\n<p>Photo P. Lelong, \u00eele des Embiez.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fin 2020, plus de 600 chercheurs r\u00e9unis au sein d\u2019un r\u00e9seau ind\u00e9pendant d&rsquo;experts m\u00e9diterran\u00e9ens sur le changement climatique et environnemental [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":6792,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_genesis_hide_title":false,"_genesis_hide_breadcrumbs":false,"_genesis_hide_singular_image":false,"_genesis_hide_footer_widgets":false,"_genesis_custom_body_class":"","_genesis_custom_post_class":"","_genesis_layout":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6790","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-uncategorized","entry"],"acf":[],"lang":"fr","translations":{"fr":6790,"en":6794},"pll_sync_post":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6790","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6790"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6790\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6798,"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6790\/revisions\/6798"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6792"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6790"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6790"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.institut-paul-ricard.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6790"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}