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Climat

L’Océan recouvre 71 % de la Terre. Le milieu marin et côtier est source de biodiversité et également un lieu primordial pour les activités humaines : pêche et aquaculture, transport maritime, nautisme et tourisme… Autre paramètre important et méconnu : l’Océan est un puits de carbone qui retient cinquante fois plus de gaz carbonique que l’atmosphère.
Régulateur du climat, il stocke, absorbe et transporte la chaleur du soleil et a ainsi une influence majeure sur la température et la météo. Les échanges entre Océan et atmosphère sont essentiels à l’équilibre de l’un et de l’autre. Toute perturbation a un impact négatif sur le fonctionnement de l’Océan, au niveau physique, chimique et biologique.

Le changement climatique provoque et amplifie différents phénomènes qui impactent l’Océan : variations du niveau des mers, modifications de la température de l’eau, acidification, hypoxie (perte d’oxygène), mais aussi modifications de la circulation océanique.
Jusqu’à quel point l’Océan pourra-t-il absorber le surplus de chaleur de l’atmosphère ? Des études sont en cours pour modéliser cette capacité qui pourrait diminuer.

L’avancée de la recherche et l’engagement de certains scientifiques ont enclenché une dynamique pour lutter contre le changement climatique. La prise de conscience politique est tardive mais réelle afin de faire face à ces enjeux, notamment au travers des réunions internationales (ONU, COP…). La mise en place de politiques nationales qui en découle doit pousser progressivement l’économie à se tourner vers un modèle bas carbone.
En parallèle, des mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques se développent : protéger la biodiversité marine, valoriser les services écosystémiques, mettre en place une économie bleue, renforcer les connaissances scientifiques, adapter la réglementation…

Biodiversité

En 1992, une définition de la biodiversité est retenue lors de la Convention sur la diversité biologique à Rio de Janeiro : « Variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces, et entre les espèces, ainsi que celle des écosystèmes. »

La Méditerranée est l’un des 34 hotspots de biodiversité de la planète établis par l’organisation non gouvernementale Conservation International (CI). Bien qu’elle ne représente que 0,82 % de la surface des océans, cette mer constitue un réservoir majeur de biodiversité marine et côtière : 28 % des peuplements sont constitués d’espèces endémiques ; on y recense 8 500 organismes macroscopiques, soit 7,5 % de la faune et 18 % de la flore marine mondiale.
Mais comme ailleurs, les activités humaines ont un fort impact sur la biodiversité, et elle doit faire face à de multiples menaces : raréfaction des habitats, pollutions et modifications des caractéristiques physico-chimiques de l’eau, pression sur les stocks halieutiques, changements climatiques, arrivée d’espèces invasives…

La disparition d’espèces végétales ou animales entraînerait la perte irréversible d’une richesse génétique, d’éventuelles ressources alimentaires et d’un potentiel, encore méconnu, de substances d’intérêt médical et industriel.
Aujourd’hui, les outils se diversifient pour préserver la biodiversité : espaces protégés, législation pour un certain nombre d’espèces qui bénéficient de statuts particuliers (Posidonies, grande nacre, mérou brun…), loi littorale, assainissement des eaux et programmes de restauration des petits fonds côtiers. Gardons néanmoins à l’esprit que la biodiversité n’est pas figée et peut évoluer – comme en témoigne par exemple l’apparition de nouvelles espèces dans le bassin méditerranéen occidental à la faveur du réchauffement des eaux -, sans forcément déséquilibrer les écosystèmes en place.

Lettre d’information de l’Institut 2021 : « Et si la biodiversité était la solution ? »

Télécharger la Lettre

Solutions fondées sur la nature

L’approche biomimétique consiste en premier lieu à observer la nature et ses phénomènes, à essayer de les comprendre et d’en tirer des innovations profitables. Cette démarche est applicable sous trois aspects :

› les formes et structures – Le martin pêcheur a un bec d’une telle forme qu’il peut plonger à grande vitesse dans l’eau sans en troubler la surface. En étudiant cette singularité, des chercheurs et ingénieurs ont mis au point le nez du Shinkansen,« TGV japonais » qui peut fendre l’air plus facilement en réduisant sa consommation d’énergie et sans émettre de bang sonore dans les tunnels ;

› les procédés et matériaux – Les moules produisent une colle très puissante qui leur permet de rester accrochées aux rochers malgré l’assaut des vagues. En comprenant le processus de production de cette substance, des chercheurs ont développé une colle chirurgicale qui pourrait remplacer sutures et agrafes sur les tissus humains, et éviter les cicatrices ;

› les écosystèmes et les équilibres – Les écosystèmes fonctionnent de telle manière que les déchets d’une espèce sont les ressources d’une autre. Essayer de répliquer des modules de production circulaire est une approche directement bio-inspirée. C’est ce que fait la permaculture, par exemple.

L’Institut s’inscrit pleinement dans cette démarche : le milieu marin est une grande source d’inspiration pour les chercheurs. En contribuant à mieux connaître le fonctionnement des écosystèmes, ils mettent en lumière le génie créatif du vivant et ses quatre milliards d’années d’expérience.

Ressources vivantes

Dans le même temps, la nourriture issue de la mer est essentielle à la survie de plus de trois milliards de personnes, un chiffre qui risque de s’accroître dans l’avenir avec l’explosion démographique programmée.

Au niveau local, la solution consiste généralement à établir des zones de pêches tournantes – des « jachères marines » -, qui permettent aux populations de poissons de se reconstituer. Ce sont souvent les pêcheurs locaux qui ont la meilleure connaissance de la ressource qui les fait vivre, que ce soit en Méditerranée ou dans les archipels tropicaux les plus isolés. À l’échelle des flottes industrielles, seules des règlementations drastiques peuvent permettre de gérer les ressources vivantes sans les épuiser.

Certains pays mènent des initiatives de gestion globale de leurs ressources marines : c’est le cas par exemple du Maroc, avec la Ceinture bleue, lancée à la COP22, et portée par l’Institut National de Recherche Halieutique (INRH). Il s’agit de mettre en place un ensemble de solutions concrètes, une feuille de route qui cherche à la fois à s’adapter au changement climatique, mais qui contribue aussi à atténuer ses effets. Cette initiative se définit comme un cadre fédérateur favorable à l’émergence d’une économie halieutique sobre en carbone et à faible empreinte écologique sur les écosystèmes marins et côtiers.

La consommation durable et la pêche responsable centrée sur des espèces abondantes, et dont les stocks parviennent à se renouveler, sont de plus en plus au cœur des enjeux actuels. Plusieurs ONG orientent aujourd’hui les consommateurs vers les espèces à privilégier. Mais il faut explorer d’autres pistes. L’aquaculture traditionnelle, longtemps présentée comme la solution la plus adaptée à un complément de la pêche, a depuis montré ses limites : les espèces étant nourries à partir de farines de poissons, elles contribuent aussi à peser sur la ressource. Elles sont également sources de rejets de polluants dans le milieu naturel.

Parmi les solutions qui semblent les plus prometteuses, on peut citer :
› la multiplication des récifs artificiels dans des zones côtières de nurseries, qui permettent à davantage de juvéniles d’espèces commerciales de parvenir à l’âge adulte ;
› le développement d’une aquaculture nouvelle, qui consiste à utiliser les déchets d’une espèce pour en nourrir d’autres, en recréant un cercle naturel et vertueux, tout en minimisant les apports extérieurs ;
› le remplacement de la farine de poisson par des insectes dans les fermes aquacoles classiques.

Gouvernance

Elle a distingué la haute mer des zones sous juridiction des États côtiers (mer territoriale, zone économique exclusive, plateau continental), et entériné plusieurs principes clés : liberté de navigation, obligation de négocier les limites contestées et de coopérer pour gérer les stocks halieutiques, concept de patrimoine commun de l’humanité pour les grands fonds marins et leurs ressources…
L’Organisation des Nations unies dispose de plusieurs instances pour gouverner les océans au niveau mondial : l’Organisation maritime internationale (OMI) fixe les règles de navigation, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est en charge des pêches, l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) régule l’exploration et l’exploitation des ressources minières en haute mer, ONU Environnement (anciennement PNUE) lutte contre la pollution et promeut les conventions des mers régionales.
La gouvernance de l’Océan est en effet décentralisée, c’est-à-dire que les États côtiers d’une même région se rassemblent pour fixer des règles communes.
En Méditerranée, la Convention de Barcelone, adoptée en 1976, vise à réduire les pollutions et à protéger cet espace fragile. Le Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM) et le Plan Bleu sont deux instruments découlant de la Convention de Barcelone pour mettre en œuvre des démarches responsables et inciter les États et les autres acteurs à les adopter.

 

Lettre d’information de l’Institut 2018 : « Quelle gouvernance pour l’Océan ? »

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Méditerranée, océan modèle

Conscients de leur responsabilité collective malgré leurs différences culturelles et économiques, les États méditerranéens entreprennent des actions destinées à garantir l’avenir dans une perspective de développement durable. Dès 1975, la Convention de Barcelone, sous l’égide du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), invitait les pays riverains à adopter un Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM).

Cette mer est un point chaud (hotspot) de biodiversité, et sa préservation est devenue une priorité à l’échelle planétaire. Elle passe notamment par la multiplication des aires marines protégées (AMP) : il en existe plus de mille en Méditerranée. Et en France, qui fait figure d’exemple, plus de 20 % des eaux côtières bénéficient aujourd’hui d’un statut de protection.

La création de ces zones remarquables est un outil essentiel pour faire face aux changements climatiques et aux modifications de la biodiversité. Elles contribuent aussi à une meilleure gestion de la ressource halieutique.

Les aires protégées sont également de véritables laboratoires de solutions pour le futur. À l’Institut océanographique Paul Ricard, par exemple, elles permettent d’imaginer des approches fondées sur la nature pour une meilleure alliance entre l’homme et la mer.

Berceau de civilisations, la Méditerranée peut et doit être un creuset de solutions communes pour faire face aux changements annoncés.

Institut océanographique Paul Ricard
Île des Embiez - 83140 Six-Fours-les-Plages
Tél. +33 (0)4 94 06 36 26
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